Glesga style

Je ne suis pas super bien dans mes baskets en ce moment. Il faut dire qu’une femme encloque n’a jamais rien eu d’excitant à mes yeux et les réserves de graisse que mes cuisses ont accumulé depuis 6 mois ne m’emballent pas, non vraiment. Quand je suis arrivée il y a un an et demi en Ecosse, des âmes bien intentionnées m’avait prévenue : dans 6 mois tu auras pris 10 kilos. Ces paroles n’avaient bien évidement eu que peu d’écho auprès de la bonne anorexique que j’étais. Je n’ai jamais pris de poids à Glasgow, ville qui pourtant transpire le graillon à chaque coin de rue. Il y a bien quelques filles minces ici, mais cela n’a rien à voir avec Paris. La taille la plus courante en Ecosse doit tourner autour du 42-44. Sans complexes et frisant souvent avec le ridicule, les filles de Glasgow se fichent pas mal de rentrer dans du 36. Peu importe la taille, la glesga girl laisse volontiers  déborder fièrement ses bourrelets dans une micro jupe de pute à paillettes avec des échasses de mauvais gout achetées chez new look. Ajoutez à ce look du "fake tan" couleur carotte, des cheveux brulés par les décolorations à outrance, des faux ongles de pouffe, et vous obtenez une fille typique de Glasgow. Si vous voulez en croiser quelques unes, ce n’est pas bien compliqué : trainez sur bath street un samedi soir, vous serez pas déçus. glasgow

Hey ! Excusez moi, un renard vous a chié sur la tête !

Si vous aussi vous rêvez de cette jolie paire de chaussettes, sachez que vous pourrez vous les procurer dans n’importe quel Primark pour la modique somme de 2 pounds 50. N’oubliez pas, pour parfaire votre look, de vous boucler les cheveux au fer à lisser et investissez dans un vernis cheap de la marque Barry M. Succès garanti !

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La manucure, le détail chic qui fait toute la différence !

Vous l’aurez compris, on ne peut pas dire que ce soit la classe qui caractérise le mieux la glesga girl. Ma garde robe a d’ailleurs connu bien des déconvenues à Glasgow, car forcément  j’ai un peu perdu mes repères de pouffe parisienne. Je dois avouer que vivre en Ecosse a quand même des avantages : personne ne vous jugera sur votre look ici.

Aux antipodes de la Glesga girl nous avons la parisienne ano-bobo-gainsbaro-trenchée. Enfin pas vraiment ano, d’ailleurs elle le vous le dira : elle essaie de prendre du poids tout en jubilant intérieurement parce que ouais, elle sait qu’on lui voit les os et c’est vachement plus cool sous un marcel loose à 95 euros. Salope. Au top de la hype, la parisienne hype de la rive gauche fait ses courses à la grande épicerie de Paris et écoute des trucs que personne ne connait : un bon remix de Charlotte Gainsbourg par Moonlight matters fera l’affaire par exemple. Dans votre panoplie parfaite n’oubliez pas d’investir dans un top uniforme 3 fois trop grand chez Margaux Lonnberg (une autre parisienne maigre qui tient un blog où y’a plein de trucs que personnes connait, mais bon vous êtes pas branché vous pouvez pas comprendre),  un skinny de chez ACNE et une paire de Repetto, si possible en édition limitée. Si vous n’avez pas d’argent, allez vous faire foutre dans un magasin de fripes mais continuez d’écouter du Gainsbourg junior remixé.

Définitivement, la parisienne ne me manque pas. Ici les filles sont grosses et mal sapées mais elles sont sympas et elles ont une bonne descente. On ne vous en voudra pas de sortir une sans petite robe noire de chez Sandro un samedi soir et on ne vous refoulera pas de boite parce que vos escarpins ne valent pas un smic tout entier.

Si vous voulez vous désintoxiquer de ce parisianisme ringard et nauséabond, venez à Glasgow un samedi soir. Procurez vous une robe de pouffe chez primark avec des talons en plastique et buvez du vin en plein de milieu de la rue à même la bouteille : pétez un coup, nous ne sommes pas à Paris. Ouf.

Temple café, Northton.

Je crache souvent sur la bouffe écossaise, et pour cause. Les légumes pourris de chez Tesco, le cheddar en plastique ou encore le fromage en tube gout jambon n’ont pas fini de me dégouter . Aujourd’hui c’est Pâques et même si les cloches me font chier, nous somme partis déjeuner "en couple" histoire de se sortir la tête des préparatifs pour Bidulle. (surnom plein d’amour que j’ai donné  au nain qui ravage mon utérus à coups de pied depuis quelques temps)

Il y un endroit que j’affectionne beaucoup sur l’île, qui se résume à toute la côte ouest d’Harris. Luskentyre, Scarista, Seilebost et… Northton. Pour la faire courte ce ne sont que des plages de sable blanc et d’eau turquoise avec vue. Les plages de Northton sont un peu planquées mais si vous passez sur l’île c’est un des spots les plus épatants à visiter. C’est aussi à Northton que se trouve le seul endroit de l’île où vous pouvez vous remplir la panse de plaisir à moindre cout : le Temple café. Cette jolie bâtisse en pierre offre un très joli panorama sur l’eau et la bonne cuisine de maman nous y donne rendez-vous dans l’assiette. Gail, la maitresse des lieux, transforme les légumes de son jardin d ‘en face en tartes, soupes, et autres en cas qui non content d’être bons sont aussi diététiques. Less is more, ici c’est la simplicité qui est à l’honneur et elle est parfaitement maitrisée. Toutes les tartes sont faites avec de la farine complète et sont servies avec des crudités du jardin.

J’aurais aimé vous mettre des jolies photos de blog girly mais je n’ai pas de super appareil photo Canon mes couilles alors je me suis contentée de mon Iphone cassé.

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Scone servis avec de la crème et de la confiture de fraises (j’ai pas trouvé plus chiant comme légende)

gateau

Mention spéciale au gateau au chocolat

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Sur la route, vue sur Luskentyre beach

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Rencontre de bord de route

Si vous passez par ici et que le Temple café vous botte, retrouvez toutes les infos sur la page facebook ICI.

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Tous au bistro

J’ai constaté avec effroi ce matin que je ne ressemblais à rien n’avais pas fait de post sur l’endroit où je passe le plus clair de mon temps : le bistro. Polichinelle dans le tiroir oblige j’ai du délaisser pour quelques temps mon quartier général mais je me suis dit qu’un petit tour d’horizon de "comment se torcher en Ecosse" rappellerait à mon foie qu’il va falloir bientôt reprendre du service.

Lorsque je trainais mes guêtres en Gaulle, j’appréciais en bonne franchouillarde un ou deux litres verre de Chablis en terrasse jusque pas d’heure, bon prétexte au demeurant pour rallumer la chaudière en cas de lendemain difficile. Petite habitude Rétaise qui a fini par me rendre alcoolique et fauchée mais qui avait l’avantage de me donner un peu de consistence en société. En débarquant à Glasgow, j’ai du abandonner mon vice, le vin servi au comptoir étant souvent dégueulasse, et cher, puisque le "verre de vin", ou "large glass of wine", coute ici près de 5 pounds c’est à dire quasi 6 euros pour un verre de piquette tout droit sorti d’une bouteille qui n’a même pas de bouchon de liège. Il faut s’habituer à cette particularité "technique" ici : les bouteilles de vin ont quasiment toutes un bouchon vissé en métal. Mon coeur saigne à la simple pensée de ce désastre viticole.

Dieu existe puisqu’à l’époque, il a eu la bonne idée de mettre mon amie Maryse sur ma route de soularde avertie. Maryse se prostituait avec moi chez IBM et nous avions pris pour habitude d’aller dilapider notre salaire en ville assez souvent. Maryse est comme moi,, c’est à dire qu’elle boit à peu près tout ce qui passe. Je lui dois une fière chandelle parce que grâce à elle, j’ai découvert le meilleur ami de l’alcoolique en Ecosse : le STRONGBOW. Le Strongbow c’est du cidre servi à la pression et ne vous y méprenez pas, ça torche sévère. A 3 pounds 50 la pinte, c’était un petit peu comme l’arrivée du messie chez les juifs : incroyable ! Chassez vos idées préconçues sur la bolée de cidre française, il est possible ici de se murger correctement avec de la pomme à bulles.

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Pinte de cidre au beer garden.

Vous remarquerez ici la couleur légèrement rosée du cidre, il suffit de commander "a pint of strongbow with blackcurrant", un sirop de cassis bon marché plein d’édulcorants.

Il est maintenant temps de parler d’une autre habitude écossaise : le "wee dram". Comprenez "un petit verre de sky". En général l’écossais commande une pinte pour se désaltérer et l’agrémente d’un wee dram assez régulièrement. La pinte, contrairement aux idées reçues, n’est pas de la guiness mais plutôt une "Tennent’s" ou une "pint of lager", c’est à dire une pinte de foster’s. N’essayez pas la tennent’s, c’est dégueulasse. Si vous voulez vous la jouez scottish et essayer vous aussi le "wee dram", sachez que dans la plupart des pubs lambda il s’agit en général de whisky "White MacKay",  "Grouse", ou encore "Black bottle". Pour ce petit rituel folklorique et si vous êtes sur Glasgow, je ne peux que vous conseiller le "Goose", pub à la déco désuète près de la gare centrale. La pinte y est bon marché et l’ambiance typiquement "Glaswegian". Le beer garden, en "été", est un endroit tout indiqué pour vous remettre de votre gueule de bois en bonne compagnie.

"Le Goose" 40 union Street Glasgow

En soirée et si vous n’aimez pas la bière ni le whisky, rendez-vous au LAB, dans une ruelle perpendiculaire à Buchanan Street. Attention ce pub réputé pour ses shots chimiques servis en tube à essai est souvent pris d’assaut, d’autant que les quelques tables à l’extérieur sont souvent envahies par les fumeurs-alcooliques. Les gens comme moi, quoi…

"Le LAB" 26 Springfield Court Glasgow 

Si comme moi vous aimez le cidre ET être en terrasse, ne manquez pas le "Babbity Bowster" près de Merchant city. Un des meilleurs spots de Glasgow et une excellente sélection de cidres un peu plus gouteux que le Strongbow.

Laissez vous également tenter par un "spiced rum and coke", cuite garantie !

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Sailor Jerry, la rolls du rhum épicé.

Glasgow m’a également fait découvrir la meilleure vodka à boire sans modération :

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Voilà pour les bases de l’alcoolisme en Ecosse. N’hésitez pas à m’envoyer vos bonnes adresses si vous en avez et surtout, à la vôtre !

Bun in the oven

Ou littéralement : polichinelle dans le tiroir. 5 mois et demi -déjà- que la pouffe a du troquer ses week end désoeuvrés de binge drinking par des parties de scrabble/tasse de thé chiantes à en crever endiablées. Je pense que ce sera le seul article sur le sujet, n’ayant pas vraiment une très grosse fibre maternelle et pas vraiment d’intérêt pour les réunions sur l’allaitement et autres joyeusetés. Ne vous inquiétez pas ce blog ne deviendra pas un exutoire à couches et cododo. Je scrute déjà le retour à une taille 36 et 2 bonnes bouteilles de champ blanc de blanc ont déjà trouvé leur place dans le sac de la maternité. Mère oui, mais je ne marcherai pas sur mes grands principes de vie : talons, cuites, et shopping en bande désorganisée. L’essentiel de ce post sera donc de parler vite fait de la grossesse au Royaume Uni entre une tasse de café et un morceau de camembert au lait cru parce que non je n’ai pas arrêté de vivre pour autant. Si l’idée de vous faire engrosser par un écossais (ou un anglais, ça arrive à des gens bien) voici un bref topo sur le suivi de couvaison en Grande-Bretagne.

1. Vous découvrez avec joie (ou horreur et stupéfaction, c’est selon) que dame nature vous a planté de quelques jours. Votre super test de grossesse est donc positif et en bonne frenchie que vous êtes vous contactez immédiatement votre toubib. Vous serez surprise de constater qu’ici on ne fait pas de dosage HCG. Non. Vous avez un gros trait rose, ici c’est suffisant pour affirmer que vous en avez pris pour 20 ans. Quelques jours plus tard (voire 3 semaines dans mon cas) on vous communiquera une date pour la première écho qui de toutes façons n’aura pas lieu avant les 12 semaines de grossesse. Rien avant ? Ben non. Si comme moi vous êtes alcoolique et grosse fumeuse, démerdez vous avec vos addictions et "faites au mieux". Si vous êtes flippé de nature rien en vous empêche de faire appel à un cabinet d’échographie privé mais sachez qu’il vous en coutera la modique somme de 90 pounds. Non content de ça, j’ai préféré en plus me payer un aller retour à Paris pour une écho à la maternité Port Royal. Quand j’ai constaté les différences de suivi avec l’hôpital de campagne sur mon île, je me suis dit que les français ne savaient pas la chance qu’ils ont d’avoir accès à un service médical aussi brilliant.

2. Le suivi. Qui ici est assuré par la sage femme. Le premier rendez-vous, un peu long, consiste à pas mal de paperasse. On vous remet un joli carnet où tout le suivi de votre couvaison est consigné. Ce rendez-vous est aussi l’occasion de vous dépister une éventuelle saloperie que vous auriez pu chopper en plus des emmerdes pour les 2 prochaines décennies : HIV, hépatite etc… Ces tests ne sont pas obligatoires et tout comme le vaccin contre la grippe vous pouvez bien évidement les refuser. N’oubliez pas à chaque entrevue de ramener un échantillon d’urine, si possible la vôtre, afin de controller si tous les gateaux que vous vous enfilez chaque jour vous ont refilé du diabète. Non, ce n’est pas réservé qu’aux vieux. A cette occasion on vous proposera également une grosse ligne de coke prise de sang pour vérifier que votre foetus ne ressemblera pas à Corky.

3. Après 5 mois de sobriété, rendez vous pour la 2ème écho. Et la dernière. Et oui, pas de troisième écho ici. Après avoir vérifié que votre alien n’a pas de bras ou d’organes manquant, la gynéco vérifiera les résultats de vos analyses (3 mois plus tard, oui oui…) et vous expliquera gentiment que la péridurale il faut arrêter d’y penser. SALOPE. Je retiendrai cette phrase mémorable : "c’est rentré naturellement, ça ressortira naturellement". Dans mon hosto il n’y a qu’un anesthésiste alors autant vous dire que si l’envie d’accoucher en pleine nuit vous prend, sachez que la péridurale sera impossible. Le taux de péridurale en Grande Bretagne est d’à peine 20%. Oubliez le concept d’accouchement nature et compagnie : on m’a certifié partout que c’est uniquement pour des raisons de couts. Fuck off.

Vous l’aurez compris ici le suivi de grossesse est light et peu médicalisé. Moi qui ne suis pas du tout branchée accouchement nature à la maison et en piscine, je regrette amèrement de ne pas être en Gaule.

Si ce sujet vous passionne tout particulièrement, vous pouvez également consulter l’article de la miss "My scottish diaries" ici.

A tantôt !

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