Le coup de gueule culinaire.

Depuis que je vis en Ecosse, je n’ai jamais été aussi fière du patrimoine culinaire français. Alors il est vrai que Londres est devenue une référence en matière de table inventive, que certaines tables à Glasgow comme le Cail Bruich sont loin d’être décevantes… et pourtant. L’Ecosse est pourtant une vraie fourmilière de bons produits : le boeuf Angus, le homard, les coquilles St Jacques de mon île, le saumon fumé qui est de loin bien plus optimiste que son confrère russe… Alors pourquoi est il si difficile de trouver une bonne table en Ecosse ? J’ai constaté que les gouts premièrement n’étaient pas les mêmes. Il n’y a qu’à regarder les habitudes alimentaires de tous les jours, au tesco ou au morrisson’s (supermarchés du coin) étaient pour le moins assez claires : ici, on mange gras. Les fruits et légumes sont moches, importés pour 98%. Les écossais sont très friands de plats tout faits. Plats préparés qui sont étonnamment moins chers que les produits de base. Ici, cuisiner coute cher. Il n’y a pas de joli marchés comme celui de La Rochelle, que j’aimais tant, ou celui de la place de la liberté aux portes en ré, vous invitant avec ses huitres, ses fromages, ses odeurs de pain et de terroir. La différence est culturelle, les écossais n’ont pas appris à manger, ou mal, il n’y a qu’à voir le taux d’obésité record sur Glasgow. Je me souviens de ma première coloc qui m’avait regardé très bizarrement en voyant ma fondue de poireaux. Pourtant c’est beau une fondue de poireaux, c’est simple, c’est doux, ça invite une coquille à venir s’y coucher. Mais non, elle n’avait même pas daigné y toucher. Un autre souvenir qui restera ancré dans ma mémoire est cette anecdote sur Billy, in commis avec qui j’ai bossé en cuisine cet été. Bien évidement on commence à parler fromages, et c’est un sujet sur lequel il ne faut pas trop me chercher. Billy me dit qu’il aime le brie. Le brie, frit. Oui, frit, dans l’huile, du brie plongé dans de l’huile nom d’un chien ! Comment peux tu passer 50 heures par semaine derrière les fourneaux et manger du brie à l’huile ? Tu ne peux pas nourrir les gens avec amour et manger du brie frit, pour moi il y a quelque chose qui cloche. Tu ne peux pas aimer la bonne bouffe en faisant ça à un brie, même le plus mauvais des bries ne mérite pas un tel châtiment. Le fromage est un sujet qui me touche. Le fromage, c’est français. Et ça ne se mange pas avec des crackers et une bouteille de vin qui n’a même pas un bouchon de liège. Tiens voilà une autre de leurs habitudes qui me fait hurler, manger du fromage sur des oatcakes ou des crackers… Vous n’avez rien compris ! Arrêtez le massacre ! Quand à vos bouteilles à bouchon en métal vissé, je vous les laisse, vous n’avez rien compris non plus là dessus.

Nos belles habitudes françaises me manquent, notre terroir me manque, notre pain, notre amour des bonnes choses et de la table, la vraie. Je tiens à cette occasion à saluer la performance française au Sirha cette année puisque nous avons remporté non seulement la coupe du monde la patisserie, mais aussi le Bocuse d’or ! Bravo les enfants, notre gastronomie est loin d’être morte.

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